Le camp du Struthof, mémoire de la barbarie

© Site du Struthof
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PLUSIEURS DÉCENNIES SE SONT ÉCOULÉES ENTRE 1945 ET 2015 MAIS LE SOUVENIR TRAGIQUE DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE RESTE TOUJOURS AUSSI PRÉSENT SUR LE SITE DU STRUTHOF, DEMEURÉ LONGTEMPS MÉCONNU EN DEHORS DE L’ALSACE.

À l’occasion de la Journée nationale de la déportation, le président de la République François Hollande s’est rendu le 26 avril dernier au camp du Struthof situé sur le lieu-dit de même nom, dans la commune de Natzwiller (Bas-Rhin). Ce camp de concentration fut bâti par l’occupant allemand sur le Mont Louise, là où se trouvait une station touristique très appréciée des Strasbourgeois pour son hôtel et ses pistes de ski. C’est en ce lieu que les nazis ouvriront, le 1er mai 1941, un camp de concentration, le KL – Natzweiler (KL pour « Konzentrationslager »).

Sur les quelque 52 000 déportés conduits dans le camp et sa nébuleuse de camps annexes, plus de 20 000 périront. Leur quotidien était fait de sévices, de travail jusqu’à épuisement, de maladies non soignées. Le camp faisait également office de lieu d’exécution et certains détenus finissaient leurs jours dans le four crématoire.

Visite du CERD (Centre Européen du Résistant Déporté) © Photo Architecte PL. Faloci

Visite du CERD (Centre Européen du Résistant Déporté) © Photo Architecte PL. Faloci

Le KL – Natzweiler, un des camps les plus meurtriers de l’Allemagne nazie, installé dans l’Alsace annexée, fut le premier témoignage de l’univers concentrationnaire SS découvert un 25 novembre 1944 par les Alliés, libérateurs de l’Europe de l’Ouest. Le camp servit aussi à plusieurs séries d’expérimentations menées par des professeurs de médecine nazis de l’Université de Strasbourg devenue Université du Reich. Des expériences portant sur les gaz de combat (ypérite, phosgène), dont les détenus juifs ou tziganes formaient les cobayes. Une chambre à gaz aménagée dans une petite pièce de 9 m2, à l’intérieur de l’ancienne salle des fêtes de l’auberge du Struthof, servait de laboratoire à ces sinistres expérimentations. Aujourd’hui, les vestiges de cet enfer concentrationnaire sont préservés dans un musée dédié à la mémoire tandis qu’un Centre européen du résistant déporté rend hommage à ceux qui, partout en Europe, ont lutté contre l’oppression.

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Tél : 03 88 47 44 67

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Les étapes d’un enfer programmé

Le musée du KL - Natzweiler présente le site du Struthof depuis sa création jusqu’à sa fermeture et au procès des artisans de ce camp de la mort. L’ancienne baraque des cuisines, le block du four crématoire et des expérimentations médicales, le block cellulaire, la chambre à gaz située à l’extérieur du camp constituent les étapes d’un émouvant pèlerinage mémoriel. Le CERD (Centre européen du résistant déporté), grand bâtiment de béton recouvert de pierres sombres, relate l’histoire des résistances qui se dressèrent partout en Europe contre la domination nazie.