Rien dans les poches, à la conquête du tour du monde

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Le tour du monde en 80 jours ! Un pari raconté jadis par Jules Verne, le romancier au long cours qui a bercé mes rêves de jeunesse. Son récit m’avait tant subjugué que j’avais juré de tenter l’expérience.

Puis vint ce jour.

C’était le 9 septembre dernier. J’ai renchéri sur le défi en pariant que ce périple se fera sans un sou en poche.

 

Chiche ! Je suis parti du pied de la Tour Eiffel. Direction plein est. Première étape Strasbourg. C’est ma ville. C’est là que je vis, c’est là où je travaille. Le port d’attache où me ramènent toujours mes pas.

Et nous avons continué. « Nous » c’est Milan Bihlmann, mon binôme en globe trotting et moi-même. Nous sommes donc partis mais non par simple goût de la performance, tels ces collectionneurs de visas qui alignent comme des trophées les tampons sur leurs passeports. Nous voulions prouver que les hommes, partout où ils se trouvent, sont ouverts et généreux. Partir les poches vides c’est l’assurance d’aller vers l’autre. Question de survie. Puis les (bonnes) surprises arrivent, au fil des jours et des semaines. En Iran des familles nous reçoivent sans rien demander. On chante, on danse, on fait la fête. A Singapour on nous offre un séjour gratuit dans un palace et on nous fait cadeau de billets d’avion pour nous rendre à San Francisco. Sur la côte ouest, un Américain richissime me confie les clés de sa jaguar pour nos déplacements. Un bolide sous les pieds, l’estomac vide. Surréaliste ! L’aventure continue…

Soixante-dix-huit jours plus tard, nous voici de retour, après avoir parcouru 46 793 kilomètres. Pari tenu. Nous avons fait nos preuves, il est vrai, mais grâce à nos hôtes d’un moment. Je veux parler de ces peuples que séparent des frontières, des barrières linguistiques et culturelles, mais qui vous adoptent spontanément dans un même élan de générosité. Cet élan, nous l’avons raconté dans un livre*. Pour ne pas l’oublier.

Me revoici dans ma belle cité de Strasbourg. Et j’ai à nouveau des fourmis dans les jambes. J’irai peut-être à Colmar, ma ville natale, voir ma petite maman. Puis je prendrai la Route des Vins d’Alsace. Puis je pousserai jusque dans la vallée de Munster. Puis vers la Route des Crêtes. Puis…

Bel été et belles balades à vous aussi sur les chemins qui mènent à ces autres qui nous ressemblent.

(* Milan Bihlmann et Muammer Yilmaz, « Le Tour du monde en 80 jours sans un centime ». Ed. Michel Lafon)

 

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